Comment j’ai coordonné un projet associatif à Madagascar à 19 ans – L’expérience de Mélyssa

Aujourd’hui, je laisse la parole à Mélyssa qui nous raconte comment elle a organisé et coordonné un projet associatif faramineux à Madagascar à seulement… 19ans!! Elle nous parle de son parcours, de sa volonté et de sa détermination à faire vivre ce projet et ce qu’il lui appris, autant personnellement et proffessionnellement. 


 

” Sakatia, Madagascar et moi, c’est une longue histoire…

J’avais 6 ans, la première fois que j’y ai posé les pieds. C’était en 1999, et j’avais pu louper l’école ici, en Suisse, pour aller suivre les cours à l’école de Sakatia. Ecole pour laquelle mes parents étaient membres d’une association de soutien (A.P.E.P.S – Association pour l’école primaire de Sakatia).

Depuis, j’y suis retournée neuf fois, accompagnée de ma famille et/ou d’ami.

Lors d’un séjour en 2011, je me rend compte que la directrice de l’école et moi avons une passion commune : le scoutisme ! Une idée me vient alors :

Pourquoi ne pas organiser un camp international à Madagascar entre les scouts de son groupe et les miens ?

 

Un an plus tard, je lance le projet, et 11 scouts genevois me suivent ! L’ A.P.E.P.S nous fait part des différents besoins de l’école : reconstruction du bâtiment des maternelles et rafraîchissement de la peinture du bâtiment des primaires. Nous organisons ainsi un « camp chantier », alliant actions, rencontres et découvertes.

Entre les frais du chantier, des transports, de la nourriture, du logement, de santé mais aussi des excursions et des activités, nous recherchons 46’000 CHF (francs suisses)!

Repas de soutien, dossiers pour les bailleurs de fonds et autres auto-financements rythment notre année. Viennent s’ajouter à cela la coordination entre les différentes associations, l’échange de courriers avec les scouts malgaches et les différentes préparations de l’équipe pour le grand départ.

Le 7 juillet 2013, nous atterrissons à l’aéroport de Nosy-Be où nous sommes chaleureusement accueilli par les scouts malgaches. Petits et grands ont fait le déplacement et ils sont près d’une centaine à être présent !

Nous nous rendons ensuite sur l’île de Sakatia, où nous dormons dans une des classes de l’école aménagée en dortoir pour l’occasion. Des ficelles auxquelles sont suspendues nos moustiquaires traversent la pièce de part et d’autres. Nos matelas en mousse sont posés à même le sol et depuis là, nous pouvons entendre les bruits de la mer et de la jungle. Les étoiles remplissent déjà le ciel (le soleil se couche à 18h…) et nous nous couchons rapidement après un premier repas tous ensemble.

Le lendemain, le réveil sonne à 6h ! Nous devons être prêts pour le chantier à 7h30 afin de ne pas trop souffrir de la chaleur durant la journée. Afin que toutes les tâches de la vie quotidienne soit accomplies, nous organisons un tournus:

  • Les repas : Préparer les 3 repas de la journée, une aventure, allant de faire bouillir de l’eau pour les pâtes à vider un poisson pour le faire cuir au feu de bois !
  • La vaisselle : Rien de bien compliqué me direz-vous, oui mais l’eau à Sakatia… C’est toute une aventure! De 8h à 22h, plus rien (ou presque) ne coule du robinet. Il ne fallait donc pas oublier chaque matin de remplir les seaux pour avoir de la réserve toute la journée, sous peine de devoir aller chercher l’eau à la rivière !
  • « Faire » de l’eau : L’eau n’étant pas potable, il nous fallait filtrer quotidiennement ce que nous allions consommer. Pour cela nous avions de petits filtres portables, avec lesquels nous filtrions plus de 20l d’eau par jour.
  • Les courses : LA grande expédition ! 45 min de pirogue, puis autant de taxis, avant d’arriver au marché, ou nous achetions fruits, légumes, riz et poisson !
  • Le nettoyage : Un coup de balai dans la chambre, où nous retrouvions chaque jour la moitié du sable de la plage… ainsi que dans le «  réfectoire », mais aussi les toilettes !

 

Ceux qui n’étaient pas en « tâche » étaient sur le chantier. Après trois petites mésaventures sans grande gravité les premières 45 min de chantier (une jambe qui passe à travers le toit en tôle, un opinel qui se plante dans un avant bras et un clou qui se plante dans un pied qui nous on fait inaugurer nos belles trousses de secours), nous avons pu avancer à fond la déconstruction du bâtiment des maternelles. Le toit en feuilles d’arbre du voyageur d’abord, puis la charpente en bois et enfin les murs en béton. En deux jours, il ne restait plus que la dalle en béton armé qui a été un peu plus récalcitrante à déblayé. Lors de leurs récréations, les enfants de l’école venaient régulièrement nous aider et passer du temps avec nous.

La deuxième semaine, nous nous sommes attaqués à la reconstruction du

bâtiment. Il nous fallait d’abord commencer par la fabrication des briques :  2 tonnes de ciment, le double de sable d’eau douce qu’il nous a fallu acheminé en bateau puis à la force de nos bras jusqu’à l’école et de l’eau… beaucoup d’eau nous était nécessaire! Petit couac logistique : nous n’avions qu’un seul moule à brique pour 18… Heureusement, en parallèle nous avons commencé les peintures dans le bâtiment des primaires !

La troisième semaine, nous sommes partis cinq jours dans la réserve naturelle de l’Ankarana. Une heure de bateau et sept heures de taxi-brousse plus tard, nous arrivions dans cette jolie réserve qui fut une belle découverte pour tout le monde ! En effet, les scouts malgaches n’avaient jamais eu l’occasion de voyager. Camping dans la jungle, randonnée au bord de rivière, rencontre avec lémurien, caméléon, serpent, lézard et autres créature à poils ou à plumes ont rythmé cette semaine de « repos » bien méritée.

Voilà maintenant bientôt 6 ans que ce projet à eu lieu. Depuis, je suis retournée deux fois à Madagascar, en 2016 pour un second camp chantier puis un stage de 3 mois et une seconde fois  en 2017 pour un tout premier voyage en solo.

Je n’oublierais jamais les nuits sous le ciel étoilé, les fou-rires lors des douches dans la rivière, les traversées à 12 sur une pirogue, les échanges avec les scouts malgaches, les veillées au coin du feu, les nages avec les tortues, les remerciements des villageois…

Avec le recul, je suis admirative d’avoir pu coordonner un tel projet à 19 ans, et surtout reconnaissante envers les personnes qui m’ont fait confiance, soutenue et suivi ! J’ai tant appris !

En gestion de projet et d’équipe, en collaboration international, mais aussi et surtout sur moi-même ! J’ai découvert que j’étais capable de réaliser de belles choses. J’ai ainsi pu prendre confiance en moi et en mes compétences.

Je sais aujourd’hui que tout est possible, ici ou à l’autre bout du monde, il suffit simplement de s’en donner les moyens.”

 

Article-invité soumis par Mélyssa Magnin. Retrouvez ses vidéos Youtube réalisées pendant les projets chantier qu’elle à coordonnés en 2013 et 2016.

[En soumettant cet article, j’accepte que les informations contenues dans celui ci soient exploitées sur des blogs, ebooks ou tout autre supports pour permettre de faire connaître mon blog.]


 

Retrouvez aussile récit de Angélique qui nous raconte son expérience dans un monastère Thaïlandais pour y faire une retraite silencieuse de 10 jours.

 


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